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Pois Chiche family

Mon parcours pour devenir Maman

Mois

novembre 2016

Savoir dire STOP


J’ai décidé d’arrêter la PMA. L’échec de notre FIV2 avec zéro congelés a eu raison de mon optimisme (dont le pourcentage était déjà considérablement réduit) et surtout de mon état psychologique. 

Malheureusement ou heureusement, j’ai fait la funeste PDS le lundi 7/11 à J14 post ponction et premier jour de ma semaine de congés.  J’avoue ici que j’avais fait un test pipi le vendredi 4/11 en rentrant du boulot #mauvaiseidee et un autre le samedi matin encore plus mauvaise idée. Les deux se sont avérés négatifs et j’étais déjà au 36ème dessous mais bon rien ne vaut la PDS…

PDS négative et moi au fond du trou. Nous sommes partis 5 jours en Bretagne dès le mardi matin car c’était prévu et que de toute façon se priver de ce moment n’aurait rien changé. 

Franchement je n’avais qu’une envie c’est rester couchée toute la semaine en pyjama. Finalement il en a été complètement autrement car nous avons découvert une région que l’on a adoré et des paysages à couper le souffle. 

À notre retour, la décision s’est imposée à moi, j’étais sur une corde raide, prête à tomber dans le précipice de la dépression et il en était hors de question… 

J’ai donc annoncé à mon cher et tendre que je me rendrai à mon rdv de bilan le 7/12 pour mettre un point final à cette FIV2 mais qu’après j’arrêtais tout… 

Définitivement ou pas, je ne le sais pas vraiment mais je ne pense pas. En tout cas, à l’heure H : fini les traitements en tout genre, les piqûres, Les Échos, la gestion de notre vie sociale en fonction de mon cycle… 

Et je me sens LIBÉRÉE… 

Ce n’est pas facile à admettre mais je revis, je me sens enfin maîtresse de mon propre corps (qui a douillé car avec 3 stimulations depuis mars j’ai repris 5kg), de mon moral (enfin ce n’est que le début, je continue à être très émue par beaucoup de choses qui n’ont en soi pas d’importance), de mon couple et de notre libido…. 

Après 3 ans de désir d’enfant, je fais enfin l’amour avec mon Mari sans y penser. La vraie envie est revenue, je revis. 

2 ans après le début de notre suivi PMA je suispaumée, il faut l’avouer. J’ai toujours ce désir viscéral d’être mère, de porter la vie et la conviction profonde que je suis faite pour ça, et je m’interroge sur toutes les difficultés qui se présentent à nous pour concevoir en me demandant si ça n’est pas un message qu’on nous envoie, si ça vaut le coup de persévérer et de se faire tant de mal, si après tout il n’est peut-être pas plus sage de renoncer… 

Je ne sais pas, je ne sais plus, je suis perdue… 

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Le hurlement sourd 

Saint-Malo

Une fois de plus j’ai le cœur retourné et les tripes à l’air. La rivière rouge sonne le glas de cette enieme tentative de t’avoir… 

Enieme parce que bien sur nous n’avons pas attendu ce diagnostic de merde et ces FIV sans aucun glamour pour te désirer… J’ai remonté mon fil Instagram, pas celui où je suis incongnito mais plutôt celui où je suis une fille normale et où je tais mon infertilité. Pas par honte mais plutôt par pudeur, parce que je souffre déjà tellement de ne pas réussir à faire la chose la plus naturelle du monde, porter la vie… Et en remontant ce fil, j’ai retrouvé la photo de notre sortie au resto où l’on s’est dit : ça y est on le veut ce bébé, c’est maintenant et je me rappelle nos rires et cette complicité dans nos regards, dans nos gestes… 

Je voulais compter le nombre de cycles stériles… et je ne l’ai pas encore fait… À quoi bon me direz-vous? 
Au boulot c’est pareil, personne ne le sait. Sauf ma N+1, ce qui est plus facile pour s’absenter bien qu’il y ait une loi, bla-bla-bla… Mais moi j’ai fait le choix de taire mes problèmes. D’une part car ma N+2 est la commère la plus rapide de l’ouest, d’autre part car dans mon travail je suis performante, appréciée et très compétente. Je ne me jette pas de fleurs ce n’est pas mon genre mais ce sont les faits. Et pour tout vous dire, c’est une des seules satisfaction qu’il me reste dans la vie : assurer à fond au boulot, être reconnue et être une référence. 

Et puis, m N+1 s’est confiée à moi et elle aussi avait des soucis. Juste elle, pas son conjoint. Un souci d’ovulation. Elle a donc commencé un traitement au clomid en septembre, et en rentrant de congés elle me dit qu’elle a du retard, test pipi et PDS : bim elle est enceinte sur le premier cycle avec clomid. Moi, le jour même où elle me l’annonce je commençais ma stim…. et vous connaissez la suite. J’ai les boules, j’ai du mal à me réjouir pour elle et je vais la voir chaque jour… avec son ventre arrondi… nous aurions pu avoir une date de terme avec un mois de décalage mais il n’y aura pas de terme pour moi…

J’ai lu quelque chose que j’ai trouvé très à propos, comment souffrir autant l’absence de quelqu’un que l’on a jamais rencontré… Je ne me l’explique pas mais j’ai vécu quelques épreuves dans ma petite vie de trentenaire et moi qui suis d’un naturel optimiste, aucune m’a autant éprouvée que celle que nous vivons actuellement. Et pourtant mon mari et moi avons frôlé la mort il y a 3 ans  lors d’un accident. 

Je me sens vide et morte à l’intérieur. Je souris mais au fond tout est triste en moi. Rien ne me réjouis, les gens, les événements, les bonnes nouvelles et plus communément les femmes enceintes, les jeunes mères, les nourrissons et les bébés jusqu’à ce qu’ils marchent me donnent la nausée. 

Les annonces de grosssesses me révulsent et me détruisent… 

Sans compter cette solitude.  Rassurez-vous j’ai des amis et une famille mais n’empêche que je me sens SEULE, et infiniment triste. Je revois le gynéco début décembre mais on ne recommencera pas de suite. Je n’en ai pas la force. J’ai vraiment souffert cette fois, tant physiquement (douleurs post ponction de 10 jours, douleurs lombaires atroces,  et après transfert des douleurs de règles et toujours ces douleurs lombaires intenses, et surtout j’ai repris du poids [4kg] et je culpabilise en me disant que c’est peut être ça car j’avais perdu 15kg pour avoir enfin droit aux FIV) et psychologiquement n’en parlons pas : ponction lundi 24/10 : 10 ovocytes, mercredi 26/10 : appel du labo nous n’avons que 3 embryons et les biologistes ne sont pas optimistes, samedi 29/10 : il reste 1 seul embryon et il faut attendre le lendemain pour savoir ce qu’on fera, le 30/10 : transfert d’un blastocyste J6, 7/11 : PDS négative. Vous voyez un peu l’ascenseur émotionnel?!

Nous sommes en vacances avec mon Mari, c’était prévu. C’est même moi qui avait tout organisé mais lundi je n’avais plus envie… on est parti quand même bien sur, tout était payé… et j’avoue que je n’y ai pas trop pensé… mais ce soir… c’est le retour du boomerang et j’ai mal… 

J’aurais 32 ans en mai, j’avais mis tant d’espoir en cette tentative, qui nous donnerait un bébé pour juillet, pour nos 10 ans de mariage mais les espoirs sont évanouis et moi avec. 

J’ai dit à mon Mari que cette année je ne mettrai pas sapin de Noël. Moi qui adorais cette fête, maintenant en y pensant j’ai la nausée…

Je me dégoûte d’être ainsi mais je n’arrive pas à passer outre. Je jalouse ces femmes aux ventres ronds et leur bonheur impudique…  Je les hais… Je n’imagine pas d’avenir radieux… tout est une épreuve…

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