Je n’ai pas eu le courage d’écrire avant mais il y a a peu près 15 jours mon père est passé un dimanche matin ce qui n’est pas une surprise car il le fait régulièrement.

Il me demande de sortir et je l’interroge sur la voiture avec laquelle il est venu qui n’est pas là sienne. En lui disant « c’est une voiture de prêt? tu as mis ton 3008 pour changer la pièce prévue? ». Il m’explique que non. Qu’en fait ils voulaient changer de voiture mais que la reprise étant dérisoire bien que le véhicule dans un état excellent il avait fini par le revendre à mon frère (que je ne côtoie plus) et qui voulait une plus grande voiture et une 5 portes.

Je monte à bord, pour faire le tour du pâté de maison. On parle de tout. De rien. Aux 3/4 de la route, il me dit « je veux pas te faire mal au cœur mais Corinne (ma belle-sœur) attend le 2ème, c’est pour ça la voiture, pis ils voulaient pas trop d’écart avec Julien (leur premier, né en juin 2016) »

Souffle coupé. Palpitant à 250. Je réponds « c’est ça la vie certains ont tout d’autres n’ont rien ».

On tournait chez moi. Je suis descendue de. J’ai couru aux toilettes. Mon père est allé voir mon mari qui bricolait au garage.

Quelques larmes ont coulé que j’ai réfréné… Je me suis passée de l’eau sur le visage. Mon père est reparti, et là impossible de me retenir. Des larmes à torrent jusqu’à s’en pâmer. Mon mari ne sachant pas ce qui se passait a eu très peur. J’ai enfin réussi à lui dire. Il est resté là impuissant et infiniment triste pour moi. J’ai déversé mon flot de tristesse et de haine contre cette putain de vie. Je lui ai fait peur je crois je lui ai dit que pour vivre ainsi valait mieux ne plus vivre. Au fond je ne le pense pas. Enfin des fois si.

Ça n’est pas la première parole raz de marée de mon père/mes parents.

Les fêtes approchent, d’habitude on fête le 24 avec eux, cette année je l’appréhende mais vous n’imaginez même pas à quel point. Je redoute le moment où il parle du morveux de mon frère. C’est atroce mais je ne peux pas entendre ce qu’ils disent et je ne sais même pas pourquoi ils m’en parlent. Mon osteo/magicien/psy m’a conseillé 2-3 fois de leur parler et de leur expliquer. Mais les mots ne sortent pas. Je n’y arrive pas. A l’intérieur de moi c’est le Vésuve, je bouillonne. Je me connais et j’ai très peur que cela se fasse dans la douleur. Sur la parole de trop et que je parte en cacahuète. Je le redoute. Je me redoute. Et puis je les trouve tellement maladroits. Parfois cruels, malgré eux évidemment mais bordel qu’est ce que ça fait mal.

Et j’ai des exemples, rien qu’hier au tel. Ma mère me demande si j’ai reçu une facture de gaz en plus? Je lui dis non et lui demande pourquoi. Elle me répond que mon frère a eu une facture complémentaire ainsi que son beau-père. On débat un peu du pourquoi pas moi, et notamment du fait que nous ayons déménagé en 2015 et que nous ne chauffions pas du tout avant ça, la maison étant en travaux. Sur quoi elle me dit « oui mais avec Julien c’est normal qu’ils chauffent plus » 😳 je n’ai pas pu m’empêcher de rétorquer  » ah ben oui nous on a pas de gosses donc on chauffe pas, on vit dans le pôle Nord et on a pas de vie ». Elle a fait une pirouette pour contourner ce pic.

Voilà où j’en suis. Ils m’aiment je le sais. Mais les voir devient un vrai calvaire. Je me renferme. Je le sais. Je le sens. Je me déteste mais je n’y peux rien

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